Un jugement sans appel
Après avoir vécu pendant un an chez mes parents, je suis de nouveau locataire d’un appartement. On ne peut pas dire qu’il s’agit d’un palace mais c’est avant tout le début d’une restructuration sociale car j’accepte de vivre avec quelqu’un.
Tata ta mère et moi sommes théoriquement convoqués chez le juge au mois de janvier 1998 mais le le jour de la convocation, les avocats de la région sont en grève !
Alors je dois patienter. Je reste tout de même confiant car je sais que le juge ne m’interdira pas de te voir.
La nouvelle convocation est fixée rapidement. Je me retrouve avec mon avocate dans ce grand couloir sombre du tribunal. Nous sommes étonnés car la « partie adversaire » n’est pas là.
Personne....
Quelques minutes avant l’heure fatidique, une avocate arrive essoufflée. Elle nous apprend que ta mère s'est manifestée auprès d'elle il n'y a que quelques jours et qu’elle ne possède aucun document lui permettant de défendre sa cliente .C’est pour cette raison qu’elle va demander un report.
Madame la juge s’excuse devant moi et accepte la demande. Je suis sidéré ! Si je suis un père qui traumatise son enfant, si je suis un père qui ne doit plus voir son fils car je m’acharne sur lui, pourquoi la mère qui écrit cela au juge ne prend pas le temps de préparer un dossier irréprochable ?
Je veux bien croire que s'occuper de ton petit frère demande de l’énergie et des heures, mais tout de même. Suis-je si dangereux que cela pour toi, ou ce qui était écrit au juge n’était que pure fiction ?
L’audition est donc reportée au 5 mars 1998. Elle se déroulera une nouvelle fois sans ta mère. Rien de surprenant.
Ce n’est qu’en mai que je reçois l’ordonnance. Elle est totalement en ma faveur et prouve la véracité de mes propos. Le juge écrit un bon chapitre sur le comportement de ta mère.

On dit qu’une bonne nouvelle n'arrive jamais seule. Alors que je n’y croyais plus, je reçois une convocation du tribunal de grande instance afin d’assister à une médiation pénale. Cette convocation fait suite à mon dépôt de plainte de juin 1997. Nous sommes en juin 1998. Oui, un an d’attente !

En clair, un homme de loi doit tenter de trouver une solution à l’amiable pour que ta mère respecte la loi.
Mais pour cela il faut qu’elle soit présente. Elle ne vient pas. Alors je me retrouve seul avec ce médiateur fort sympathique. Je lui explique que poursuivre ma plainte ne sert à rien puisque la nouvelle ordonnance n’est pas à son avantage. Le médiateur me rassure en m’expliquant que si jamais il y a de nouveau un dépôt de plainte « le dossier ira dans les mains du procureur de la république ». Dans une telle situation la décision peut être la suivante : une forte amende et de la prison avec sursis.
Comme par hasard, le calme revient et ta mère te respecte en acceptant que tu puisses me voir. Elle a une « épée de Damoclès » au dessus de la tête et elle le sait très bien.
Quelques années plus tard c’est toi et toi seul qui la rendra folle de rage.