Dernière étape avant le jugement
Nous sommes au printemps 1996.
Je songe à vendre le vidéo club et peut être même quitter mon appartement.
Un jour ta mère souhaite parlementer.
Comme à son habitude elle s’énerve mais très rapidement, elle se met à pleurer ! « J’en ai marre de tout » me confie t-elle !
C’est cela quand on renie ses amis et ses proches, il n’y a plus personne avec qui parler ! « L’autre » deviendrait il son confident ?
Elle m’explique qu'avec « Monsieur C » rien ne va plus et me parle de son comportement vis à vis d'elle.
Elle continue de se confier en expliquant qu’elle a fait une fausse couche et que cela lui avait rappelé son avortement.
J’ai pitié. Je lui propose de manger avec elle si tu es avec nous. Elle accepte. Elle ne refuse pas non plus que le soir, tu dormes chez moi !!
Le lendemain matin, je te conduis dans l’appartement de ta mère que je découvre enfin (celui dont je suis garant). C’est d’ailleurs la seule fois que je le visite.
Pour une personne qui se déclare « mère isolée »auprès de la CAF je m’aperçois qu’il y a tout de même énormément d’affaires appartenant à « Monsieur C ».
Je découvre qu’il n’existe qu’une chambre. Une chambre pour 3 ...
Sa séparation avec " Monsieur C" n’est que de courte durée. Elle n'a plus besoin de mes services pour lui remonter le moral. De ce fait Je n’ai plus de nouvelles.
Juste avant l’été, je continue de recevoir des lettres de huissiers. Dans l’appartement, on me coupe l’électricité et le téléphone. Les impayés s’accumulent et je comprends que l’on va me chasser de mon appartement.
Je retourne vivre chez mes parents. Chez eux tu as ta chambre. On ne pourra pas contester cela devant un juge.
Par le plus grand des hasards, je trouve du travail dans la radio ou j’ai appris mon métier.
Un salaire, une situation stable, une maison ou je vis et ou tu as ta chambre. Eté1996, je peux enfin écrire au juge des affaires familiales.
La lettre est longue car il est difficile d’écrire ma peine et ma douleur.
Quelques jours après, ta mère et moi recevons une convocation du juge. Alors qu’il n’y a pas d’obligation, ta mère prend un avocat. Je suis dans l'obligation de faire de même.
Une très bonne nouvelle s’annonce à moi : je suis tellement endetté que j’ai le droit à l’aide juridictionnelle c'est-à-dire que la quasi-totalité des honoraires de mon avocate sont prises en charges par l’institution judiciaire.
Octobre 1996. Tu as 5 ans.
Mon avocate m’envoie ce que la justice nomme les conclusions c'est-à-dire un rédactionnel résumant les documents, les témoignages et les preuves permettant au juge de se faire une opinion sur le dossier :




Le 12 novembre 1996 c’est le grand jour !