Révélations en chaîne
Nous allons nous séparer. Cette fois, cette décision commune semble apaiser les humeurs de tes parents. Le calme revient dans notre appartement. Il est même concevable de parler de l’avenir de chacun d’entre nous. Nous convenons que je quitte l’appartement pour que tu ne puisses pas être perturbé. Tu n’auras plus ton père à tes côtés pour te lire une histoire et t’endormir chaque soir mais tu resteras dans TON élément.
Toujours pour ton bien être, il est décidé d’un commun accord que je prenne un appartement dans l’immeuble d’en face.
Les avantages étant la proximité des deux logements pour que tu puisses te retrouver chez l’un de tes deux parents (la garde alternée avant l’heure !), la possibilité de t’emmener à l’école et enfin le partage des frais pour l’achat d’une nouvelle voiture.
Pour une fois, c’est moi qui choisi le modèle. Il est bien convenu que malgré notre séparation nous partagerions le crédit. Il est prévu que ta mère travaille.
La séparation idéale pour le bien être de notre fils ? C’est bien mal connaître les mécanismes machiavéliques de certains êtres.
Un soir alors qu’elle part au cinéma, mes doutes sur sa sincérité sont de plus en plus pesants. Enfin, je réfléchis, enfin j’accepte le fait de croire qu’elle me trompe avec « Monsieur C ». Il ne m’a fallu que quelques secondes pour tomber sur des lettres de cette personne dont une à couper le souffle :
« je m’excuse d’être parti si tôt ce matin sans avoir eu le temps de t’avoir fait l’amour » ! C’est ainsi que j’apprends qu’il dort dans mon lit lorsque je pars en animation !
Le dernier coup de poignard est mémorable. Elle m’annonce qu’elle va louer un appartement mais dans la ville ou habite « Monsieur C ».
Et on fait comment pour notre fils ? :
« tu me prêtes la voiture et tu le verras.. mais je ne paiera pas le crédit ».
Je déprime et fond parfois en larmes. Tout s’écroule sous mes pieds. J’ai conscience que je suis en train de tout perdre. Tout ce dont je rêvais adolescent afin de constituer une vraie famille unie et heureuse s’effiloche. Je vais être seul, tout seul et sans toi. C’est le début de la descente aux enfers.
Quand un être humain déprime, certains peuvent profiter de leurs faiblesses. C’est ainsi que j’accepte de me porter garant de son petit appartement sans penser aux conséquences d'un non paiement de loyer....mais que veux tu, je veux te protéger d'une vie malsaine.
Elle n'aura son appartement qu'en juillet.
Parfois elle dort à l’appartement, parfois chez « Monsieur C ». Je suppose qu’il a également quitté sa compagne. Parfois elle te prend, souvent elle te laisse avec moi.
Je continue de voir mes amis et commence à accepter toutes ses entourloupes. Je me dis qu'il ne s'agit que d'un mauvais moment à passer. Dans quelques mois tout ira mieux...
Du coup je me sens revivre. Cette liberté je la touche, je la sens et je l’apprécie…et çà déplait à ta mère.
Après tout, je suis chez moi, j’invite qui je veux et si je veux profiter d’une aventure d’un soir, je n’ai pas à me le reprocher. Mais cela est inadmissible aux yeux de ta mère. Peut être fallait il avoir son aval ?
Un soir çà dérape. Elle attend « Monsieur C » pendant des heures devant son appartement mais en vain. Elle est certaine qu’il est dans les bras de son ex (toujours ?) compagne. Elle ne le supporte pas.
La veille de ton spectacle de fin d’année organisé par l'école, elle fait une (vraie ?) tentative de suicide. Heureusement, Mademoiselle Ninouillette est là auprès d'elle.