Ton premier envol
Ce qu’il y a de plus douloureux pour un père c’est d’entendre dire que l’on ne sait pas occupé de son enfant. Ces propos brutaliseront mon cœur devant le juge aux affaires familiales.
Quel dommage qu’un juge n’accepte pas de visionner des vidéos ! Les preuves sont là.
En 1994, c’est l’année de ta rentrée scolaire. Pour la première fois tu vas te retrouver seul, avec des petits camarades de jeux. Pour ma part c’est une étape normale, le début d’une nouvelle aventure. Pour ta mère c’est une tragédie. Elle est très angoissée de te laisser.
Le choix de t’inscrire dans une école privée est une décision commune. Je considère que l’école a une bonne réputation sur sa méthode d’enseignement (rien à voir avec le côté religion). Ta mère pense comme moi avec un détail près : pour elle, tu n’auras pas de contacts avec certaines catégories d’enfants….
Je dis que j’ai de la chance, car c’est pour moi la possibilité de m’occuper de toi.
Le matin JE te lève, JE te fais prendre ton petit déjeuner, JE te lave, NOUS regardons tous les deux les dessins animés (le père castor et tintin), JE te conduis à l’école.
JE te fais manger le midi car généralement tu refuses que ta mère le fasse (je présume un caprice).
Le soir JE te fais manger, JE te fais prendre ton bain et enfin JE te couche et juste avant JE te lis une histoire.
Bien évidemment toute règle à ses exceptions….Fort heureusement…..
Alors me faire passer pour un mauvais père, quelques années plus tard, quelle mauvaise blague…
C’est en 1994 ou nos relations se dégradent. Le train de vie que nous menons est incroyablement élevé par rapport à nos rentrées d’argent ce qui entrainent des disputes : mon magasin ne peut pas supporter toutes les dépenses personnelles.
De toute manière tout est bon pour se disputer. L’un comme l’autre nous ressentons le besoin de prendre de la distance.
Mais pour les dépenses, tant pis pour le magasin, ta mère arrive à me convaincre qu’il est possible d’acheter à crédit avec ces terribles cartes poussant à la consommation qui ruinent les gens.
J’accepte.
Je ne m’aperçois pas que la vie de couple de tes parents va aussi mal….et pourtant.
Les « engueulades » sont tellement régulières que cela devient un rituel.
Et puis trois événements vont faire basculer NOS vies à NOUS trois :
-le désir pour tes parents de se séparer (entre le dire et le faire il y a un cap à franchir)
-mes animations commerciales dans la moitié Ouest de la France qui permet de vivre l'un sans l'autre.
- et……"Monsieur C " ton actuel "Beau père" (quel terme vieillot)….